[FOOTBALLMATNIK] : J-F GO : « J’essaye de faire valider un cadre de fonctionnement… » #USRCOTLAFINALE

Ancien gardien de but professionnel à BEAUVAIS et à Sedan puis joueur au Club Colonial ou encore au CS Case Pilote, Jean-François GO est aujourd’hui l’entraineur du CO Trenelle. Avant cela, il est passé sur les bancs de clubs comme : le CS Case Pilote, l’Essor Préchotin ou encore le Golden Lion. Depuis, c’est donc à fort de France qu’il évolue avec l’une des sensation de cette saison 2021-2022, le CO Trenelle. À la veille de cette finale de Coupe de Martinique qui opposera son équipe à l’US Robert, nous avons discuté dans un premier temps de sa carrière en tant que joueur puis sur la méthode JEAN-FRANÇOIS GO qui a conduit le COT sur les devants de la scène en cette fin de saison. En effet, les foyalais ont su créer la surprise en finissant 2ᵉ de la Poule A et en gagnant le champion en titre pour se qualifier en finale de coupe de Martinique. Nous avons également évoqué sa proximité avec l’entraineur adverse Marcel GIBON !

Parlons de vos années en tant que gardien de but !

Ancien gardien pro à Beauvais et Sedan et suite à un non-respect du contrat engagé, j’ai arrêté. Dans le même temps, j’ai rencontré Jocelyn GERME et j’ai choisi de venir en Martinique. Il y avait un projet qui me semblait plus intéressant et les choses se sont enclenchées comme ça.

Quelles sont vos plus beaux souvenirs de joueur de foot ?

Je ne peux pas enlever la victoire en 94 avec Beauvais, j’étais champion de France de National 3. Mon deuxième meilleur souvenir, c’est avec la sélection de Martinique, mais sur la même marche, je mettrais la finale de coupe de Martinique avec Case Pilote en tant que joueur.  Nous avions été décimés, 10 joueurs majeurs étaient partis du club. Il ne restait que des jeunes et quelques anciens dont je faisais partie et on a gagné la coupe de Martinique. C’est mon top 3 !

À quel moment vous êtes-vous dit “je vais passer de joueur à entraineur” ?

L’âge et mes rhumatismes (rires), c’est ce qui m’a fait passer de l’un à l’autre ! Les terrains de Martinique sont très durs pour les gardiens de buts. Aussi, la situation du CS Case Pilote était compliquée à l’époque. J’étais deuxième puis troisième gardien, ensuite entraineur des gardiens, je l’ai été dans le même temps avec la sélection de Martinique. L’un dans l’autre, en faisant partie des différents staffs, je suis passé de directeur technique à entraineur principal du CS Case Pilote. On était dernier et le club m’a demandé de reprendre l’équipe, c’était en février et on avait fini 6ᵉ. En parallèle, j’ai passé mes diplômes d’entraineur en 99/2000. 

Parlons de vos saisons passées au COT jusqu’à aujourd’hui.

La première année, j’étais dans le staff en tant qu’entraineur des gardiens et cette année-là on est monté en Régional 1. Le président m’a demandé de continuer l’aventure avec l’adhésion des joueurs et du comité. Le staff présent ne voulait pas continuer, car il n’avait pas les diplômes requis à ce moment-là. Entrainer au CO Trenelle, c’est très difficile par rapport aux infrastructures. Le terrain de Fond Lada est limité dans le développement de la pratique football. Ça veut dire qu’il y a un comité qui se réunit, mais il n’y a pas d’espace proche des joueurs qui leur appartient ou des terrains pour pouvoir vraiment se développer. Quand il pleut, le comité ne peut pas rester à côté des joueurs par exemple. Ce sont des terrains de proximité, ce ne sont pas les infrastructures d’un club en lui-même. Ensuite, quand un club n’a jamais été en R1, qu’il a toujours été entre la R3 ou R2, il est difficile de pouvoir se structurer vers la performance R1. Et c’est aussi ce qui est beau en ce moment au COT, c’est que c’est vraiment un club de quartier. Plus la moitié de l’effectif a joué en R3 avec des joueurs que nous avons découverts dans des swé à Fort de France. C’est pour ça que c’est extraordinaire. Quand on voit maintenant des jeunes en sélection de Martinique, qu’ils touchent du doigt ce que peut-être l’exigence du haut niveau, c’est notre récompense. C’est ça notre réalité : un comité qui essaye de se structurer au mieux, des joueurs qui sortent des quartiers de Fort de France et qui ont connu la R3 ou la R2. Ils délivrent même un beau message : ce n’est pas parce qu’on est en R3 qu’on ne peut pas s’imaginer faire une finale, monter en R1 et toucher le 6 majo.

Pourquoi êtes-vous parvenu à créer une vraie émulation cette saison plus que les précédente ? Quelle est la patte de JFGO ?

Quel que soit le club où je suis passé, j’essaye de faire valider un cadre de fonctionnement par tout le monde et moi le premier. Je m’y accroche pour que tout le monde reste dedans. C’est pour cela qu’on dit que je suis exigeant, parce que je fais valider un cadre de fonctionnement avec toutes les composantes du club. Un exemple très simple, un joueur en retard à une causerie et qui ne le signale à l’avance ne joue pas. Ça peut être n’importe qui. C’est un cadre de fonctionnement parce que nous sommes amateurs, tout le monde est logé à la même enseigne. Dans le cadre, il y a plein de choses : le relationnel, de la compati, de l’empathie, de la gestion quotidienne des joueurs face à leur vie perso, le respect…

Qu’est-ce qui a permis de valider ce cadre que vous avez su créer ? 

Ce sont les joueurs par leur mentalité de jeune de quartier de Fort de France. Tous les clubs où je suis passé étaient différents, il y a toujours eu une identité propre aux joueurs. Il y a des jeunes et des moins jeunes, les grands frères sur lesquelles on peut s’appuyer pour accompagner les plus jeunes.

Un mot sur la coupe, que pensez-vous de votre adversaire de ce mercredi 25 mai et de son coach ?

Celo et moi avons une histoire particulière, nous avons fait une Gold Cup ensemble où nous étions coéquipiers en chambre. Je me souviendrais toujours d’une sélection où on avait discuté tactique jusqu’à 2 h ou 3 h du matin (rires). Vous avez face à vous deux entraineurs qui ont un âge aguerri avec un niveau international et qui ont tous deux des expériences partagées face au Canada, à Trinidad. Deux entraineurs qui s’apprécient, on a le même âge, nous sommes passionnés de football et exigeant l’un et l’autre avec les équipes que nous manageons. J’ai un avis tranché sur ce qu’il est, il a un avis tranché sur ce que je suis. Nous sommes dans des cadres de tolérance, de fonctionnement et de respect, on s’apprécie énormément. La preuve encore, nous avons tous les deux pris un carton rouge sur le même match (rires) (NDLR : lors du match retour entre les deux équipes en championnat). Il a un tempérament bien trempé, il était prêt à arrêter le football et voilà qu’on se retrouve en finale de coupe de Martinique et on va devoir s’affronter l’un l’autre ! 


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