Donovan LÉON : « Depuis mon retour à l’AJ Auxerre, je m’épanouis… »

©️ AJA.FR

Né en Guyane, Donovan LÉON fait ses premiers pas à 6 ans dans le monde du foot au sein du Club Colonial de Cayenne où sa mère était secrétaire. D’abord joueur de champ, il s’essaye au poste de gardien où il évolue encore aujourd’hui. Gardien de l’AJ Auxerre et en sélection de Guyane, il nous raconte les différentes étapes de son parcours qui n’a pas toujours été simple.

Comment est née l’envie de devenir footballeur professionnel ?

Dans ma jeunesse, je jouais tout le temps au football. Même quand j’étais seul je faisais des frappes sur le mur et je plongeais sur le bitume ou autre. Pour moi c’était une passion ! Le projet se concrétise à partir du moment où je pars de la Guyane en 2007 sans ma famille pour rejoindre Brétigny. Mon but était de tout faire pour rejoindre un centre de formation pour ensuite arriver dans le milieu professionnel.

Comment as-tu été recruté par Brétigny ?

C’est le père d’un pote à moi, LOÏC BAAL qui évolue aujourd’hui à Créteil, qui avait parlé à ma mère d’une détection à Brétigny. Je suis parti dans l’Hexagone durant 4 jours. J’ai participé à la journée détection puis je suis retourné en Guyane. Un matin à 6 h 30, ma mère reçoit un appel de Brétigny pour dire que j’étais pris en section sport-étude.

Comment se sont passées ces premières années à Brétigny ?

La première année a été assez compliquée au niveau scolaire. Je ne travaillais pas à fond, d’ailleurs ma mère m’avait engueulé (rires). Au niveau du foot, j’avais repris avec les U16 Nationaux du club car j’avais un problème de licence. J’ai dû attendre novembre (2007) pour mon premier match avec les U15. Lors de ce premier match contre le PSG, durant la causerie, le coach de l’époque m’a dit que je n’aurais même pas joué si le gardien titulaire ne s’était pas blessé. À la fin du match, il m’a félicité et j’ai joué toute la saison avec les U15. J’ai fait un match en U16 Nationaux, face au PSG aussi. J’aurais pu faire plus de matchs dans cette catégorie en fin de saison mais le coach des U15 ne voulait pas me libérer.

Ensuite tu commences ta formation à Auxerre. Comment as-tu été repéré par le club ?

Après ma première année à Brétigny, j’ai eu des approches de club de L1 pour des essais afin de rejoindre un centre de formation. Au début de la deuxième année à Brétigny, le recruteur d’Auxerre, Vincent CABIN appelle mon coach Patrice DEROUIN pour que je vienne à Auxerre durant un week-end. J’y vais en train le vendredi après les cours. Je joue un match amical contre Châteauroux le samedi avec les U16 à l’époque il y avait SANOGO, MISSILOU, etc. Le dimanche, je fais une séance spécifique au centre avec le coach des gardiens, John SONGNE puis, je rentre à Brétigny. À la Toussaint, Auxerre me demande de revenir pour une semaine. J’y vais, je m’entraîne avec les U19, la CFA2, la CFA. À la fin de la semaine, le directeur du Centre, M. DE TADDEO me propose un contrat d’un an et de rejoindre le club en janvier. J’accepte le contrat, mais je décide de finir la saison à Brétigny. J’arrive donc à Auxerre 2 ans après mon arrivée à Brétigny pour rejoindre le centre de formation.

Quels souvenirs gardes-tu de tes années de formations à Auxerre ?

De bons souvenirs ! Je suis arrivé là-bas avec beaucoup de retard par rapport aux gardiens qui étaient déjà là. J’avais du retard au niveau de la technique du gardien de but. J’avais tendance à plonger vers l’arrière sur les frappes par exemple et sur différents domaines. J’ai dû travailler pour rattraper mon retard. Malgré cela, deux ans plus tard, je disputais mon premier match en professionnel. C’était une récompense pour moi !

Après 6 saisons à Auxerre, tu quittes le club en tant que joueur libre. Pourquoi ?

Tout simplement parce que j’étais en fin de contrat et nous n’avons pas réussi à trouver un terrain d’entente au début de l’année 2014 avec le club. Je suis resté au chômage jusqu’à fin août.

À ce moment-là tu étais un jeune gardien, avec peu d’expérience. N’as-tu pas eu peur que cette période s’éternise ?

Oui justement car je ne connaissais pas le chômage. En plus, je venais d’avoir mon fils donc c’était compliqué. Surtout quand tu vois les copains avec qui tu jouais il y a quelques jours reprendre l’entraînement sans toi… C’était compliqué mais voilà j’ai été patient. Grâce à M. Guy ROUX j’ai pu m’entraîner avec un coach, John SONGNE sur les installations de l’AJA. Mais ce n’était pas évident de s’entraîner tout seul, l’ambiance de groupe me manquait au fil des semaines.

Durant la période de chômage, as-tu eu des propositions ?

J’avais eu le directeur sportif d’Orléans au tout début. Après il y avait des pistes mais rien de concret, sauf Brest qui ne m’avait pas lâché. J’ai échangé avec le coach des gardiens Julien LACHUER et j’ai donné mon accord. J’ai signé libre à Brest pour 2 ans.

Tu as passé 5 ans au Stade Brestois. Est-ce que tu y as trouvé ce que tu cherchais pour continuer à évoluer ?

Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de jeu souhaité. À un moment donné, j’avais l’occasion de débuter la saison en tant que titulaire en 2017 mais il y a eu quelques soucis contractuellement. J’ai prolongé une fois que la saison avait débuté et c’était trop tard. Malgré tout cela, je ne regrette pas mon passage à Brest. J’ai beaucoup appris avec le coach des gardiens, LACHUER. J’ai toujours fait le maximum afin de répondre présent quand le club faisait appel à moi. Même sans jouer, je sentais que je progressais durant les entraînements spécifiques. Ça m’a aussi permis de voir autre chose !

Aujourd’hui de retour à Auxerre, tu es le gardien titulaire de l’équipe, comment cela se passe pour toi ?

Au début c’était un peu compliqué, vu que je revenais au club, il y avait un gardien titulaire l’an passé. Le début de saison est un peu mitigé pour moi, j’ai pris un rouge au premier match, blessé un joueur gravement, suspendu 2 matchs. Ce n’était pas le début de saison que j’espérais. Mais depuis mon retour à l’AJ Auxerre je m’épanouis, j’ai du temps jeu et pour le moment, on se débrouille assez bien. Aujourd’hui je suis titulaire et mon objectif c’est de répondre présent à chaque match.

Par rapport à Brest ou à ton premier passage à Auxerre, comment as-tu gagné ta place cette saison ?

À l’intersaison, le staff a choisi le titulaire lors des 2 derniers matchs amicaux. Je pense surtout que c’est le fait d’avoir fait la préparation dès le départ. À Brest, quand je suis arrivé, il y avait déjà un gardien en place et titulaire du coup c’était compliqué. À Auxerre, lors de mes débuts je pense que j’étais trop timide et cela m’a joué des tours, avec le temps j’ai appris ! 

Autre partie importante de ta carrière, la sélection de Guyane.  Depuis quand y es-tu et qu’est-ce que cela représente pour toi ?

J’ai commencé la sélection chez les jeunes puis en senior depuis juin 2014. Cela m’a fait énormément plaisir, car je ne jouais pas beaucoup en club du coup j’allais prendre du temps de jeu en sélection. Ça compte beaucoup pour moi le fait de représenter mon pays, je le fais depuis les sélections chez les jeunes. C’est aussi l’occasion de découvrir d’autres styles de jeu.

Certains joueurs rencontrent des difficultés au moment de venir en sélection, as-tu déjà été confronté à cela ?

Oui j’ai déjà eu des difficultés à venir en sélection. Les clubs ne sont pas obligés de nous laisser partir car la sélection n’est pas affiliée à la FIFA. Mais jusqu’à présent, j’arrivais à trouver des solutions avec le club.

Quel est l’actualité de cette sélection de Guyane ? Je crois savoir que vous êtes dans une situation compliquée pour la qualification à la Gold Cup !

L’actualité pour le moment avec le covid c’est compliqué. On verra après la crise. On a mal négocié notre phase de poule. On doit passer par les barrages afin de participer à la Gold Cup pour la deuxième fois de notre histoire.

Pour conclure, quel serait ton conseil pour un jeune qui souhaite se lancer dans cette aventure ?

Le conseil que je peux donner à un jeune c’est surtout de travailler à l’école. Il faut aussi écouter les éducateurs car comme on dit dans le milieu, le jour où ton coach ne te calcule pas, c’est qu’il ne s’intéresse plus à toi. Ensuite, il y aura des moments compliqués mais le mental sera primordial !


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