Les Interviews, Saison 2018-2019

Gary Marigard : « J’ai été costaud pour pouvoir me donner les moyens de vivre ma passion… »

 

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Âgé de 31 ans Gary MARIGARD a débuté le foot à l’âge de 6 ans au Club Colonial en Guyane. Il y restera jusqu’à ses 13 ans où il partira pour rejoindre le club d’Angers SCO en sport étude. Il passera toutes ses années de formation au sein de ce club même si à la clé il n’aura pas le tant convoité contrat professionnel qu’il espérait. À 19 ans, armé de détermination et d’envie, il continuera son parcours jusqu’à atteindre son objectif. Aujourd’hui il évoque avec nous ce parcours qui l’a conduit jusqu’à Quevilly Rouen Métropole.

Gary tu es parti très jeune de Guyane.

J’avais 14 ans, c’était difficile pour mes parents de me laisser partir mais ils ont accepté parce que c’était ma volonté d’y aller. J’avais vraiment envie de connaitre cette expérience et devenir footballeur professionnel donc ils m’ont laissé partir. Quand je suis arrivé à Angers en août, mon père est resté un mois et demi avec moi pour m’installer et voir comment ça fonctionne. Il dormait à l’hôtel pendant que moi j’étais à l’internat. C’était très difficile, le premier hiver que j’ai vécu ici, j’avais vraiment envie de rentrer. J’ai appelé mes parents pour dire que j’arrêtais tout, que je voulais rentrer que l’éloignement était trop difficile à vivre. Finalement ils m’ont convaincu de rester et du coup j’ai bien fait de rester (rires).

Malgré tous les sacrifices que tu as faits, tu n’as pas signé de contrat professionnel à la fin de ta formation, pourquoi ?

Je suis resté à Angers jusqu’à mes 19 ans. La dernière année, j’étais surclassé avec les pros. Je faisais des entraînements avec eux mais je n’ai pas signé de contrat pro. Ils ont jugé que je ne devais pas le faire mais ils ne m’ont pas non plus donné ma chance pour que je montre mes qualités avec les pros. Je suis parti un peu revanchard, déçu de ne pas avoir signé et aussi de ne pas avoir pu rebondir dans un club professionnel. Au début je n’avais pas de club mais je me suis dit que ce n’était pas perdu que j’allais rebondir et que je n’allais pas lâcher l’affaire.

Tu rebondis donc au Wasquehal Football (Haut-de-France) puis à Iris Club de Croix (Nord-Pas-de-Calais) en CFA2 également.

J’ai signé au mois de décembre 2007. Je suis passé par la réserve avant d’intégrer le groupe de l’équipe première en CFA 2 car je suis arrivé en cours de saison. J’y ai passé 5 saisons. Ensuite, je suis parti à Croix en CFA2 (janvier 2013), ils m’ont contacté j’avais déjà fait pas mal de saisons à Wasquehal donc j’avais envie de changer de club et d’horizon. Je suis parti dans ce club qui est juste à côté de Wasquehal. On était en CFA2 puis on est monté l’année d’après en CFA. C’était une bonne progression.

Au départ, tu avais pour objectif de devenir footballeur professionnel puis tu te retrouves à jouer en CFA2 durant une bonne partie de ta carrière. Tu n’as pas eu l’impression de passer à côté de ton objectif principal ?

C’est sûr que quand on veut devenir footballeur professionnel, qu’on passe par le centre de formation, qu’on n’y arrive pas… On redescend en CFA2, c’est dur mais moi je n’ai pas lâché. J’ai continué à me battre, mentalement j’ai été costaud pour pouvoir me donner les moyens de vivre ma passion. Je n’ai pas eu de regrets. Je ne me suis pas dit que je passais à côté de mon objectif parce que je vivais du foot déjà en CFA.

C’est grâce à Quevilly-Rouen Métropole, ton club actuel que tu connais le haut niveau. Parle-nous de ton parcours dans ce club.

En 2015, je suis arrivé à Quevilly qui avait le projet de monter en Ligue 2. J’ai eu l’opportunité de signer dans ce club au début du projet entre le FCR et l’USQ. La montée en ligue 2 était un gros projet et on a réussi à le faire, on est monté année après année de la CFA jusqu’à la ligue 2. On est redescendu en National cette année et on va retenter la montée en Ligue 2.

Aujourd’hui vous êtes à nouveau en National, tu n’as pas envie de retrouver le haut niveau et aller chercher un autre défi ?

L’objectif avec Quevilly en début de saison c’était effectivement de remonter en Ligue 2 et de retrouver le monde professionnel. On a fait une bonne première partie de saison mais en deuxième partie de saison on a enchaîné de mauvais résultats qui nous ont un peu plombé notre objectif de montée. Sinon oui dans un futur proche en tant que footballeur professionnel et compétiteur oui on a forcément envie de retrouver le haut niveau et je fais partie de ceux qui ont envie de le retrouver. Là, je suis en fin de contrat au moins de juin, je ne sais pas encore mais j’aimerais retrouver le haut niveau donc j’attends de voir les propositions qu’il y aura pour étudier ça calmement d’ici la fin de saison.

Ton parcours te permet d’être repéré en 2012 par la sélection de Guyane. Que représentent ces sélections pour toi ?

En 2012, j’ai connu mes premières sélections avec les « Yana Doko ». J’ai participé à toutes les étapes pour les qualifications à la Gold Cup. On en a raté une en 2013 en perdant aux barrages contre le Honduras. En 2017 on s’est qualifié mais je n’ai pas pu participer à la compétition car c’était l’année où on montait en Ligue 2 avec Quevilly. Le club n’a pas voulu me libérer pendant la préparation, il a fallu faire un choix et j’ai préféré privilégier le club. J’étais encore en CFA à Wasquehal quand j’ai connu mes premières sélections et c’est bien de représenter son pays. À chaque sélection je prends du plaisir, c’est une fierté de représenter la Guyane. On a l’objectif de jouer la Gold Cup à chaque fois et c’est un beau parcours.

Tu ne pourras pas aider les Yana Doko en cette fin de saison car tu es blessé, ligaments croisés. Comment as-tu contracté cette blessure ?

Je me suis blessé en novembre (2018), je me suis fait les ligaments croisés en jouant un match avec la réserve de Quevilly sur un duel. C’est vrai qu’on avait un match capital avec la sélection contre le Canada pour la qualification à la Gold Cup. On a perdu 4-1 et je n’ai pas pu participer à ce match donc je suis vraiment déçu mais les blessures font parties de la vie de footballeur, il faut aller de l’avant. Là je me soigne et ça va de mieux en mieux…

qrm.fr

Où en es-tu aujourd’hui et comment envisages-tu la fin de saison ?

Clairement, l’objectif c’est de bien me soigner. Là je suis bien, j’évolue bien je suis en avance sur ma récupération. Dans quelques mois je pourrai être apte pour ma nouvelle saison. Je vais continuer à me préparer pour la saison prochaine et je serai apte à 100% au mois de juin.

 

 

 

Quel serait ton conseil pour un joueur qui souhaite se lancer dans cette aventure ?

Il faut s’armer de patience, faire beaucoup de sacrifices et travailler. Il faut aussi beaucoup de mental car c’est important dans le foot. Même si chacun à sa destinée, chacun à sa route, certains réussiront plus vite que d’autres donc il ne faut jamais perdre espoir et toujours travailler.

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1 réflexion au sujet de “Gary Marigard : « J’ai été costaud pour pouvoir me donner les moyens de vivre ma passion… »”

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