« C’est le travail qui compte, il ne faut faut jamais lâcher »

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C’est du coté de l’US Orléans que j’ai rencontré Livio Nabab. Footballeur professionnel depuis plusieurs années, nous sommes revenus ensemble sur son riche parcours depuis la Guadeloupe en passant par l’Hexagone ou  encore la Belgique.

Livio, ton départ de la Guadeloupe pour le Stade Malherbe de Caen n’a pas été trop difficile ?

Non pas trop parce que je suis parti à 18 ans donc j’étais déjà assez mûr dans ma tête. En venant en France je n’avais qu’un seul objectif c’était de devenir pro, j’ai travaillé pour être la !

A tes débuts tu as été prêté pour avoir du temps de jeu. Est-ce que c’est pour toi une bonne solution quand on est jeune ?

Oui c’est une bonne solution pour un jeune qui n’arrive pas à avoir du temps de jeu dans son équipe. En ce temps-là mon club était en Ligue 1 donc difficile pour moi de jouer. L’option du prêt était une excellente opportunité qui apporte de l’expérience et une autre vision de travail !!!

Comment a évolué ta perception du travail justement ?

C’est toujours un plaisir pour moi d’aller à l’entraînement et jouer des matches. Je vis de ma passion je fais le plus beau métier du monde, il y en beaucoup qui auraient aimé être à ma place donc je ne suis pas à plaindre. Quand tu pratiques ce sport il y a des hauts et des bas mais tu prends du plaisir à jouer au foot et on ne va pas se mentir on gagne bien notre vie !!

Quels ont été les obstacles que tu as rencontrés dans ton projet de devenir professionnel ?

Les blessures, le plus dur c’était ma première année en tant que pro. J’ai dû me faire opérer trois fois en un an ; j’ai passé plus de temps sur la table de soin que sur les terrains. Ça été très dur mentalement, j’ai même voulu rentrer une fois et tout arrêter, parce que je sortais de 2 mois d’arrêt et à la reprise de l’entraînement je me blesse à nouveau… Ça a été très dur cette période mais finalement j’ai décidé de rester. Avec la charge de travail inhabituelle et surtout les températures, c’était beaucoup de blessures musculaires.

Est-ce que tu te rappelles de ton premier match en ligue 1 ?

Oui je m’en souviens. Pas facile. c’était contre Toulouse, j’ai joué 15 minutes mais ça été un superbe moment.

Comme tout attaquant, tu as connu ces périodes difficiles où tu n’inscrivais pas beaucoup de buts, comment tu gères et compenses ces périodes sur le terrain ?

Cela fait 8 ans que je suis pro la pression au bout d’un moment on arrive à la gérer. C’est le travail qui compte, il ne faut faut jamais lâcher si vous ne marquez pas, il faut aider l’équipe autrement et tôt ou tard ça va payer.

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En 2015 avec Auxerre vous jouez la finale de la coupe de France face au PSG, parle-nous de ce match.

Ça a été une expérience magnifique, tout footballeur mérite au moins une fois dans sa vie de vivre cette expérience surtout quand vous jouez contre une équipe que vous supportez depuis l’enfance, tous les week-ends. Il y avait une ambiance de fou et plus le début du match approchait, plus la pression montait. J’ai fait une bonne entrée en jeu, je me suis dit que je n’ai rien à perdre donc je me donne à fond ; même si j’aurais peut-être pu marquer sur un corner. Ça a été vraiment un superbe moment.

Tu as également connu une période difficile à Auxerre, notamment une mise à l’écart, comment as-tu fait pour ne pas laisser tomber à ce moment et rester « professionnel » ?

Des moments difficiles je pense que tout footballeur en a connu dans sa carrière…Ça a été un peu dur car le coach a été un peu forcé par sa direction de me mettre à l’écart. Je continuais à m’entraîner avec la réserve. Je n’ai jamais été quelqu’un qui abandonne donc je m’entraînais avec les jeunes comme avec les pros et même des fois seul. Il fallait que je reste en forme si je voulais retrouver autre chose donc j’ai continué à travailler et jamais lâcher. Le travail paye toujours.

Ensuite tu t’engages avec le Waasland-Beveren en Belgique, comment cela s’est passé ?

En signant en Belgique, je me suis dit que j’allais prendre un nouveau départ dans un autre pays. J’ai été mal conseillé, ce qu’on m’avait promis ne s’est pas passé comme prévu. Mon temps de jeu n’était pas celui que je voulais… Mais j’ai vu une autre de façon de travailler, j’ai essayé de m’adapter, ça n’a pas marché donc j’ai préféré revenir en France dans un championnat que je connais très bien.

C’est donc logiquement que tu n’as pas poursuivi cette aventure.

Je voulais absolument revenir en France, l’US Orléans a été le premier club à se manifester. J’ai pris l’option de signer rapidement, commencer la préparation dès le début et reprendre du plaisir à jouer au foot.

Quelques mois après la reprise est-ce que tu peux dire que c’est ce que tu attendais de ton retour ?

Oui, je voulais retrouver l’envie de jouer et en venant c’est le cas même si j’ai pris 5 matchs de suspension au bout de 4 matchs pour une faute involontaire à Sochaux. On a un superbe groupe même si les résultats ne sont pas encore en notre faveur mais le travail va payer !

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Tu as connu plusieurs clubs, lequel t’as le plus marqué ?

C’est Caen qui m’a vraiment marqué, j’y suis resté sept ans, j’ai connu des montées, mes années en Ligue 1, j’ai beaucoup appris dans ce club et ils m’ont beaucoup apporté même dans ma vie privée.

Alors, parlons de ton parcours avec la Sélection de la Guadeloupe, tu es régulièrement appelé, qu’est-ce que cela représente pour toi ?

J’aurais pu jouer en équipe de France jeune quand je suis arrivé en France mais je me suis blessé. Je suis vraiment heureux de jouer pour mon île, de plus j’ai connu toutes les sélections jeune en étant là-bas. Quand je suis appelé je suis le plus heureux du monde.

Qu’est-ce que tu espères pour le football guadeloupéen ?

Énormément de changement. Déjà côté infrastructures pour que nos jeunes puissent mieux s’exprimer parce qu’on possède énormément de jeune talent mais on manque de terrain et de moyen.

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Aujourd’hui avec un peu de recul, qu’est ce qui selon toi pourrait aider un antillais à s’adapter plus facilement à tout ça ?

Tout est basé sur la récupération, le sommeil et boire beaucoup car notre corps n’est pas habitué à ce genre d’effort. Moi je me blessais souvent aux ischios parce que je manquais d’eau !!!

Quel serait ton conseil pour un jeune îlien qui souhaite se lancer dans cette aventure ?

Même si je pense que les clubs français ne se déplacent pas comme avant par manque de moyen sur place sûrement mais il faut toujours croire à son rêve et se donner les moyens d’y arriver.


Merci Livio pour ta disponibilité et bonne continuation !!!


Bye Bye Fans (Ou Pas) De Foot !!!

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