Frédéric PIQUIONNE : « Les débuts étaient difficiles, car je n’avais pas fait de centre de formation… »

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Jeune retraité et désormais entraîneurs des attaquants au sein du club de Créteil-Lusitanos, Frédérique PIQUIONNE, âgé de 37 ans a eu une riche carrière parmi les plus grands clubs de l’élite. Parmi eux, le Stade Rennais, l’Olympique Lyonnais, l’AS Monaco ou encore l’AS Saint-Étienne. Après un dernier challenge en Inde il a donc décidé de rejoindre le Staff de Créteil-Lusitanos. Revenir sur chacun de ses passages dans ses différents clubs nous prendrait quelques jours et des pages entières sur le blog… Je lui ai donc demandé de nous parler de ces grands moments qui ont marqué sa carrière et ont fait de lui un grand attaquant.

« Salut, je me présente : Frédérique PIQUIONNE originaire de la Martinique. Je suis passionné de foot depuis tout petit, depuis l’âge de six ans. Je jouais souvent dans la cour d’école, en bas de la cité quand j’habitais à Aubervilliers. À l’adolescence, j’ai vécu à Paris, à Aubervilliers et à Saint-Maurice (94 près de Créteil). J’ai évolué au CAP Charenton jusqu’à l’âge de 15 ans. Vu les bonnes performances que je faisais, les sélections en équipe du Val-De-Marne, j’ai décidé d’aller au Paris FC pour progresser

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Au PFC ça a été un peu plus compliqué parce que j’ai fait quelques essais infructueux notamment à Metz et au Mans. Même si à 17 ans j’évoluais avec les séniors je n’avais pas trop de possibilités d’évoluer avec la nationale du PFC, donc je suis parti en Martinique pendant deux ans. J’ai évolué à l’Avenir dans un premier temps puis au Morne Blanc, après j’ai été au Golden Star pour finir et ça s’est bien passé. Pendant la saison au Golden Star, j’ai fait un essai au Nîmes Olympique qui s’est avéré concluant. J’ai ressenti une grande fierté, j’espérais devenir professionnel et c’est ce qui s’est passé avec le Nîmes Olympique.
Quand je suis arrivé à Nîmes, je me rappelle encore, j’avais ma petite voiture de Martinique j’étais rentré avec. J’ai fait la route Paris – Nîmes, je suis arrivé directement au stade où Pierre Mosca m’attendais pour parapher mon contrat. J’étais très content, ça a été pour moi un moment très spécial et j’en garde de très bons souvenirs.

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Ensuite j’ai effectué une année en ligue deux où les débuts étaient difficiles, forcement, car je n’avais pas fait de centre de formation donc c’était plutôt de l’apprentissage. J’ai passé cinq à six mois en cfa 2 pour comprendre le monde pro, dès que j’ai pu saisir ma chance au mois de janvier, je n’ai plus quitté l’équipe. J’ai marqué deux ou trois buts, grâce à ces buts-là, vers la fin de saison, les dirigeants du Stade Rennais m’ont contacté et j’ai signé pour cinq ans.
Les débuts étaient là aussi très compliqués. Christian Gourcuff, mon coach formateur, m’a fait du bien parce qu’il m’a fait comprendre le monde professionnel, le rôle d’attaquant, les déplacements, replacement niveau défensif… Il y avait de grands joueurs en équipe première, j’étais le 4ᵉ, voire le 5ᵉ attaquant de l’équipe comme il y en avait quatre qui jouaient. Quelques fois, je faisais des bancs ou sinon j’allais jouer avec la réserve. À partir du moment où j’ai marqué un doublé en Coupe de la Ligue avec l’équipe, vu que le Stade Rennais allait mal en championnat, le coach m’a donné ma chance et je n’ai plus quitté l’équipe. Mon aventure avec le Stade rennais a continué encore trois ans et après on sait tout ce qui s’est passé ensuite.

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Le moment le plus fort que j’ai vécu dans le football, c’est bien évidement ma sélection en Équipe De France. Il y a eu pas mal de chose qui ont fait que j’ai été très bon à Saint-Étienne puis à Monaco, et donc le sélectionneur m’a convoqué. C’était une grosse surprise et en même temps, ça a été une grande fierté pour moi qui n’ai pas fait de centre de formation ; j’ai été très fière de ça et ce sont des moments qu’on a forcément envie de revivre.
Durant ma carrière j’ai aussi eu la possibilité de jouer avec la Martinique, mais à partir du moment où les clubs ne voulaient pas, je ne pouvais pratiquement rien faire ; surtout que c’était pendant le championnat, que ce n’était pas une date FIFA et que la Martinique n’est pas considérée comme un pays. Je ne pouvais pas aller contre le gré du club. Au moment où ça a été un peu moins bien, que l’âge a monté et que les clubs ne comptaient pas trop sur moi entre guillemets, j’ai pu effectivement jouer avec la Martinique notamment sur la Gold Cup surtout la dernière. On a été aux États-Unis, cela s’était relativement bien passé, c’est toujours une fierté de jouer pour la Martinique.
Maintenant il y a des choses qui se sont passées, qui ont été dites que je n’oublierai pas, certaines personnes vont se reconnaître dans ma déclaration… Je n’en dirais pas plus, car je n’aime pas trop les polémiques, ça ne sert rien. Je fais mon petit bout de chemin. Tout le monde sait la carrière que j’ai eue, ce que j’aurais pu apporter en plus au niveau du football martiniquais, mais voilà, on est stoppé par des personnes qui le jugent autrement et c’est comme ça.

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Mon conseil pour les jeunes qui espèrent, qui veulent devenir professionnels, c’est juste de l’abnégation, du mental et beaucoup de travail, c’est un peu comme dans la vie. C’est d’être vraiment discret avec les réseaux sociaux, les nouveautés, les téléphones… Il y a pas mal de chose qui peuvent nuire au début de carrière et à la carrière tout court. C’est du travail, du mental, se faire mal et surtout d’être bien entouré par des personnes qui vous veulent du bien.


Merci Frédérique d’avoir répondu à mes questions. Bonne continuation dans ta nouvelle carrière.


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